Le Mouchon fête ses 95 ans publié le 3 juillet 2007

Ce dimanche, au Centre de délassement communautaire de Saint-Vaast, les scriveûs wallons s’étaient réunis pour célébrer le presque centenaire (95 ans) de la revue de langue dialectale Le Mouchon d’Aunia. Une longévité exceptionnelle pour cette publication, née en 1912. « Ce n’est pas un combat facile, explique Christian Quinet, président du Mouchon. Le Wallon a souvent été considéré comme une langue vulgaire. L’élite prônait le français mais a fini par aller trop loin, en stigmatisant le wallon. Il ne s’agit pas aujourd’hui de faire l’inverse et de s’enfermer dans un ghetto en excluant le français. Les langues régionales ne devraient pas être victimes d’exclusion. »

Sous la plume et l’idéal de Floribert Deprêtre et de Léopold Dupuis, le Mouchon d’Aunia a vécu ses plus grandes heures après la Première Guerre mondiale. Le magazine a connu un deuxième essor après la Seconde Guerre. « A l’heure actuelle, les esprits restent négatifs, à l’égard des langues régionales, mais avec la résurgence du sentiment européen, certains estiment que chaque pays, chaque région doit garder son identité culturelle. Et dès lors, des gens qui s’intéressaient peu au Wallon s’y intéressent à nouveau », poursuit Christian Quinet.

Auparavant constitué d’une seule édition, le Mouchon d’Aunia s’est scindé en trois parutions. « Le Mouchon d’Aunia » pour le Centre, « Le Bourdon » pour la région carolorégienne et « A nos Boutiques » pour la région picarde.

Le Mouchon tire à environ un millier d’exemplaires. Subsidié par la Communauté française Wallonie Bruxelles, le Mouchon fonctionne essentiellement au moyen d’abonnements, la vente de recueils, de cartes postales, de calendriers, et des prestations de cabaret wallons. Et il vit grâce aux nouvelles plumes, comme David André qui, à 36 ans est, depuis 1994, le benjamin des scriveûs. Il a d’ailleurs gagné le prix biennal hennuyer de littérature dialectale : « Ce qui m’a intéressé, c’est la richesse des images que permet la langue wallonne et que l’on ne retrouve pas dans le français. On peut user et abuser de la métaphore. » 

 

 

 

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